La place des mathématiques au sein des enseignements et des thématiques du Centre de Recherche de l'École a évolué en profondeur ces dernières années. Actuellement, les mathématiciens de CentraleSupélec sont répartis dans plusieurs laboratoires et mènent une recherche ayant un fort dénominateur commun autour de la modélisation mathématique et de la simulation numérique. Ils exercent leur activité dans les standards de la recherche mathématique tels que définis par le CNRS à l'INSMI. La force de cette situation repose sur une recherche en mathématiques en prise directe avec les applications, tout en s’appuyant sur une base fondamentale solide et des collaborations avec les partenaires d'Ile de France sud, outre les collaborations nationales et internationales.

Par ailleurs, au niveau de l'enseignement, la modélisation et la simulation des phénomènes complexes reposent sur des concepts mathématiques évolués dont la mise en œuvre nécessite la maîtrise de bases théoriques solides. Suite à la réforme Ariane, le parti pris fut l’abandon des mathématiques comme « boîte à outils » pour l’ingénieur, au profit de l’enseignement des bases fondamentales de l’analyse réelle et théorie de la mesure, des équations aux dérivées partielles, de la théorie des probabilités et des processus stochastiques, des statistiques de l’analyse numérique. Cette réforme de l’enseignement menée depuis plusieurs années s’accompagne d’une collaboration effective avec nos partenaires de l'Ile de France sud pour l’échange d’étudiants permettant d’offrir aux ingénieurs centraliens une large palette de débouchés dans le domaine des mathématiques.

Dans ce cadre, la Fédération de Mathématiques de CentraleSupélec – FR CNRS 3487 a été crée au 1er janvier 2013, après évaluation par le Comité National du CNRS d'un projet porté par E. Herbin et M. Massot, professeurs de Centrale Paris. Cette unité est dirigée par P. Lafitte et rattachée à l'Institut des Sciences Mathématiques et leurs Interactions (INSMI) du CNRS. Elle regroupe l'ensemble des mathématiciens de CentraleSupélec, ce qui représente un peu plus d’une vingtaine de chercheurs et enseignants-chercheurs et un nombre comparable de chercheurs sur postes temporaires dans trois laboratoires fondateurs : MICS (Mathématiques et Informatique pour la Complexité et les Systèmes - EA 4037), EM2C (Energétique Moléculaire, Macroscopique et Combustion - UPR CNRS 288) et MSSMAT (Mécanique des Sols, Structures et Matériaux- UMR CNRS 8579) ; auxquels s'ajoutent le laboratoire L2S (Laboratoire des signaux et systèmes - UMR8506) et le CVN (Centre de Vision Numérique) de CentraleSupélec.

La Fédération de recherche propose un projet fédérateur et va permettre une coordination progressive des activités mathématiques au sein de l’établissement et une visibilité du projet mathématique de l'Ecole vis-à-vis de l'extérieur, tout en préservant :

  • la spécificité des mathématiques de CentraleSupélec et leur intégration au sein des sciences de l'ingénieur,
  • l'autonomie de décision des laboratoires impliqués.

Cette unité va permettre de poursuivre le recrutement de chercheurs CNRS (deux chercheurs de l'ex-section 01 sont présents dans l’unité, un troisième est en cours de demande de mutation, et nous avons une candidature DR en section 41 avec demande d'affectation à la Fédération) et la poursuite d'une politique de recrutement de très bon niveau. La Fédération va favoriser le développement supplémentaire des mathématiques et s'appuie sur un soutien fort de la direction de CentraleSupélec. Elle a ouvert la voie à une évaluation dans son ensemble des activités mathématiques à l'École par l'AERES, ainsi que l'accès à la Fondation de Mathématiques Jacques Hadamard dont la fédération est membre associé.